Rendez-Vous Sous l'Aulne

Reserve a tous les descendants d'Anne et Andre Laverne pour les echanges qu'ils peuvent souhaiter avoir entre eux.

11 janvier 2008

Ode au Papillon

Michel étant l'un des rares lecteurs de ce blog, de là où il est, je lui réédite ce poème rédigé en 1998, à l'occasion de son 70ème anniversaire. Si les fines allusions à sa vie, son œuvre, vous sont incompréhensibles, n'hésitez pas à demander des explications. Et déjà, Michel montrait ses dons.
On voyait ses miches, mais pas ses ailes,
Le baby n’était pas encore papy,
Pas encore Papillon.
Chenille à peine éclose
Qui goulûment tétait sa mère.
La nature est ainsi faite :
Il faut que prospèrent les papillons mammifères.
Il tétait sa mère, donc, et suçait des croûtons.
Avec les ans vinrent des sœurs et des frères,
Mais toujours plus haut se voyait le vermisseau.
Il grimpait les rameaux, jalousait les bourgeons,
Après avoir, jusqu’au trognon,
Rongé son choux natal, notre piéride,
Ermite en Saint-Martin de Pontoise.
Il étirait ses petons pour tromper la toise.
Il fit sa crise à l’aise, il fit sa chrysalide
Parmi les nymphes, notre piéride.
Enfin sorti du cocon, il mit ses ailes HEC à sécher
Et se choisit une coquille pour sa migration première
Dakar ? Pas Dakar ? C’est égal
Il y photographia le Toucouleur en noir et blanc,
Y engendra deux prometteurs vermisseaux
Mais, signe du Verseau, le Dahomey fut trop cruel.
Vers la Seine le ramena l’orage
Avant que dans la haie il s’établisse.
Les vermisseaux devinrent canetons.
Il en pleuvait à seaux,
Qui dans les tulipes jouaient au cerceau.
Fortunatus agricola !
Au Vésinet il trouva crédit,
Quelques années s’y établit.
Tout petit, cependant, il rêvait d’être général :
Il sera General Biscuit.
Tel est le destin de notre Gros Pain
Le mythe se fait mite, la mite se fait moth
Ce sera donc Mother’s Cookies et la Californie.
Et pour ses soixante-dix printemps,
Tel Vanesse au Paradis, voyez à Grand Pas
S’avancer fièrement le Paon-du-jour.
(1998)